samedi

Du plaisir au déplaisir, du bonheur à l’horreur.



Du plaisir au déplaisir, du bonheur à l’horreur.

Prendre place à la terrasse d’un restaurant un vendredi soir, échanger les avis gustatifs de chacun dans la concrétisation de cette soirée, permet par cet assemblage, la création d’un fruit : celui qui naît de cet échange en commun, une communion qui s’appelle « la communication » ; une forme d’humanisme qui résulte théoriquement en une soirée de plaisirs et de bonheur. Mais quand cette démarche si morale à nos yeux se nomme perversion aux yeux d’extrémistes, elle va vers l’incompréhensible. Quand le restaurant habituellement théâtre des plaisirs devient théâtre des opérations, théâtre dramatique et théâtre de l’horreur. Quand la brigade de cuisine et de restaurant disparait pour être remplacée par des brigades militarisées offensives puis défensives. Quand les odeurs de cuisine sont remplacées par les odeurs de la mort. Alors c’est en partie l’une des symboliques de la France qui est ciblée. La gastronomie assume alors une fonction politique. Rappelant Jean Jaurès à la terrasse du Café du croissant, le restaurant Véry en 1892 par Ravachol, le restaurant Goldenberg rue des Rosiers en 1982, le grand Véfour en 1983,  le restaurant Maxim à Haïfa en 2003, le restaurant l'Annexe à Corte en 2013, le restaurant La Chaumière de Djibouti en 2014, le restaurant La Terrasse à Bamako en mars dernier puis un restaurant somalien en avril, aujourd’hui le Petit Cambodge, la Bonne bière, Carillon, mais aussi le Casa notra, un Macdonalds, la café Bataclan,  La Belle équipe , Sushi maki, et la brasserie Comptoir voltaire...... Ce plaisir éthique, diplomatique, démocratique, fait donc de la table « un théâtre politique », une scène d’idéologies aujourd’hui dramatiques. Ainsi tente-t-on d’effacer nos petits bonheurs.











Aller au restaurant doit être un moment de vie pas un moment de mort !