dimanche

Sempiternels Barbecues et Salade de fruits




Voila revenue la saison des sempiternels barbecues, saucisses, brochettes, côtes de porc, et autres grillades.

Ce week-end, j'étais invité à un barbecue chez mon beau-frère et ma belle-soeur.
Une tranche de vie pour voir le chef de famille dans toute sa splendeur.




C'est dans cette activité qu'on reconnaît les talents de cuisine d'un homme, un vrai. Dès qu'un homme se porte volontaire pour faire ce type de cuisine, la chaîne d'évènements suivante est actionnée : 1. L'homme sort le barbecue et le charbon de bois.








2. La femme nettoie la grille.3. La femme va à l'épicerie.4. La femme va chez le boucher.5. La femme va chez le pâtissier.6. La femme prépare la salade et les légumes.7. La femme prépare la viande pour la cuisson8. La femme la place sur un plateau avec les ustensiles nécessaires, les épices et les herbes.9. La femme apporte la grille propre et le plateau à l'homme qui est étendu à côté du barbecue en train de prendre une bière. 10. L'homme place la viande sur la grille. 11. La femme va à l'intérieur mettre la table.12. La femme vérifie la cuisson des légumes.13. La femme prépare le dessert.14. La femme revient à l'extérieur pour dire à son mari que la viande est en train de brûler.15. L'homme enlève la viande trop cuite de sur la grille et l'apporte à la femme. 16. La femme prépare les assiettes et les apporte sur la table.17. L'homme sert à boire. 18. La femme dessert la table et prépare le café.19. La femme sert le café et le dessert20. Après le repas, la femme range la table et la nappe.21. La femme fait la vaisselle et range la cuisine.22. L'homme laisse le barbecue en place car il y a encore des braises.23. L'homme demande à la femme si elle a apprécié de ne pas faire la cuisine aujourd'hui.24. Et devant son air dubitatif, l'homme conclut que les femmes ne sont jamais satisfaites.



Dans notre pays de gastronomie à la française et de lois sur la parité, le BBC fumant et crépitant, quelquefois inodorant et immangeable, est venu prendre la place du gigot d'agneau ou du poulet rôti dominical que le maître de maison découpait dans une solanité et une dignité qui créait le respect. Il est vrai que revu au goût du jour, ça dénote un peu, et notre beau pays peut alors remercier les Anne-Sophie Pic, Helene Darroze, Sammut et bien d'autres pour l'image qu'elles donnent du chef d'orchestre.





Pour terminer le repas, la traditionnelle salade de fruit frais trôna dans son saladier. Orange, banane, mangue, poire, pomme, abricot, fraise, ananas, kiwi, l’histoire de ces fruits se confond avec celle de l’alimentation humaine car leur histoire est celle d’un long voyage. En Europe les espèces se sont développées au fil des siècles en particulier dans l’Antiquité avec les mouvements d’extension de l’Empire romain et le brassage des peuples. Puis au Moyen Age avec l’expansion arabe qui mit l’Occident en contact avec l’Orient et l’Extrême-Orient. Enfin avec la découverte des Amériques et les colonisations.
Cette salade de fruits est variée, avec des couleurs, de l'exotisme, un goût différent et moins traditionnel qu'à l'habitude. L'antiquité connaissait les petites fraises des bois à l'état sauvage, les grosses fraises apparurent vers 1750 à Plougastel dans les côtes d'Armor, rapportées par un ingénieur maritime du nom prédestiné de Frézier. La fraise, de par sa texture charnue, sa forme et sa couleur, est un fruit dont la consommation est très sensuelle. Le langage en atteste: au XVIIe siècle les fraises désignaient les tétons des femmes; aller aux fraises signifie flirter. L'actinidia, groseille de Chine, fruit qui nous vient d'extrême orient, produit en Nouvelle-Zélande a été baptisé Kiwi du nom de l'oiseau, emblème du pays. Dans la religion Hindoue, le fruit défendu n'est pas la pomme mais la banane, on donne le nom de " figuier d'Adam " ou " arbre du paradis " au bananier. Pour l'abricot, il fallut attendre le XVIIIe siècle pour avoir la preuve que le fruit n'apportait pas la fièvre, car avant, il était accusé d'être maudit. Aujourd'hui encore le " mech mech " (abricot en arabe) est à l'origine de plusieurs vulgarités. Le sirop d'orgeat est un sirop à base de sucre et de lait d'amande parfumé à la fleur d'oranger.A l'origine il s'agissait d'une décoction d'orge, d'où son nom. Si comme moi vous aimez utiliser les fruits et les légumes dans leurs saisons, vous remplacerez les fraises par des oranges ou par quelques framboises surgelées et les raisins par des grains de grenade! Salade de fruits jolie, jolie…

lundi

Tiens, vous avez sorti le vitriol ! oui mais On a dû arrêter la fabrication, y a des clients qui devenaient aveugles


Vu l'temps d'été qu'nous fournit not sociètè, j'm suis dit par hasard, que pour combler une journée qui s'annonçait bien craignos, avec ma souris à son pageot et mes mectons q'attendaient la bectance, comme ça, mon blaze tout mité que t'es, tu vas t'taper un Audiard. Plus possible d'en avoir gros sur la patate douce avec une bande d'amis comme eux. Ma donzelle, encore plus alourdie de la caboche à cause de son turbin et d'son squelette qui part en goguette, s'y est mise, par dessus mon épaule. Pour elle, une découverte. Pour moi, les retrouvailles de la gouaille, passion d'ado interruptus. On s'est poilé, bidonné, et comme c'était bon d'y aller du grand droit. Du 100% hilarant. La journée du lendemain a passé comme dans un rêve. Merci Audiard. Je te revaudrai ça là-haut.

A propos du vitriol : Il date du Mexicain, du temps des grandes heures, seulement on a du arrêter la fabrication, y'a des clients qui devenaient aveugles. Oh, ça faisait des histoires.

Le vin apporte du sens à l'imaginaire

Le vin inspire les civilisations, qu’elles soient monothéistes, païennes ou mercantilistes. Il a irrigué les pensées des hommes de la Méditerranée. L’évolution historique montre qu’il a pu conquérir l’Atlantique et plus récemment, explorer les rives du Pacifique. Mais ce vin conquérant, n’est-il pas devenu un produit économique ordinaire ? Le vin matériel – la vigne qui doit être cultivée, le moût qui doit fermenter, qui doit être vinifié et élevé… – est-il encore porteur d’imaginaire ? N’y a t-il pas un vin abstrait, intemporel vecteur de civilisation à côté d’un vin quotidien qui ramène aux exigences biologiques, tout juste bon à enrichir le spéculateur, éreinter le besogneux et abreuver le gosier ? La progression des techniques et des moyens matériels dans les vignes et dans les chais n’a t-elle pas irrémédiablement isolé le vin de sa culture ou plus exactement imposé des vins parallèles, sans correspondance concrète, l’un purement imaginaire, et l’autre froidement marchand. On pourrait se montrer sceptique quand à la part d’imaginaire que recèle le travail des vignes ou la technique des œnologues, au XXe siècle, à l’heure du machinisme, de la biochimie ou même aujourd’hui de la standardisation. On pourrait s’interroger sur l’intérêt culturel de ce vin concret, celui qui est produit, pour être vendu, pour être consommé…pour n'être finalement que du vin dans l'absolu.