vendredi

Foire aux vins et oenologisme




Ces approches plurielles de verres rappelent les approches plurielles du vin, qu’elles soient culturelles, scientifiques, techniques, économiques, artistiques, politiques, géographiques ou historiques, qui nous font découvrir ce qu’est un « bon vin ». Nous appelons souvent «bon vin» ce qui se conforme à ce que désire chacun d’entre nous. Et si le « bon vin » – terme à variantes – désignait autre chose ? Quand on se pose la question « Qu’est-ce qu’un bon vin ?» on est presque inévitablement tenté de répondre : « Le bon vin, c’est le contraire du mauvais vin. » Soit ! mais, alors, « Qu’est-ce qu’un mauvais vin ? » pourrait-on ajouter. Le vin qui n’est pas «bon», donc mauvais, c’est qu’il est contraire aux coutumes gustatives et rites oenophiliques de la culture vineuse dans laquelle on vit. Il n’existe pas de « bon vin » en-soi, mais uniquement des vins potentiellement «bons», car, contrairement à ce que nous vantent les étiquettes, toute théorie du « bon scientifiquement prouvé » peut être réfutée philosophiquement. Le bon vin existe par sa bonne dégustation, et celle-ci passe par le fait d’apprécier et de pouvoir ainsi vivre un moment de dégustation d’une façon conforme à soi-même, à ses attentes ou à celles de la société dans laquelle nous vivons. L’appréciation lors d’une dégustation dans les hautes sphères sociales n’aura pas la même finalité que celle pratiquée dans une cave agricole chez un producteur. Voilà qui paraît logique, on ne saurait limiter le bon à une déclinaison purement subjective, heureuse et concrète envers certains vins (c’est pourtant ce que font beaucoup d’entre nous). Quand on dit qu’un vin est bon, on ne dit pas seulement qu’« il nous plaît personnellement », on sous-entend trop souvent qu’il est conforme a ce qu’il doit être et donc à l’idée qu’il faut s’en faire dans une société de connaisseurs de vins. Le propre du dégustateur comme du vin est d’enseigner, à travers ses propos, que ce produit est culturel. Ainsi, le dégustateur parle du vin en fonction de ses expériences formant un ensemble appelé quelquefois « oenologisme ». Quand il déguste, l’amateur, de manière réfléchie, peut juger un « bon vin », non pas simplement ce qu’il boit physiologiquement, mais ce qu’il ingurgite aussi spirituellement. Le « bon vin » n’est pas celui que l’on boit, mais celui que l’on pense. K.Stengel



Aucun commentaire: