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Pour les fêtes, faites original, servez des insectes à l'apéritif !



L'entomophagie. Ce mot désigne la consommation d'insectes par l'être humain. Effet de mode ou bien ancrée dans la culture la consommation d'insectes arrive de plus en plus en occident.

Au Laos, la FAO soutient l'élevage d'insectes pour lutter contre la malnutrition. Mais cette production peut-elle s'imposer dans les pays développés? Le soleil se lève à peine sur la rizière de la banlieue de Vientiane, la capitale laotienne. La nasse de plastique de Monsieur Si s'agite au ras de l'herbe. En larges mouvements circonscrits, l'agriculteur tente d'y emprisonner les derniers crickets de la saison. Une fois grillé et vendu, son maigre butin ira rejoindre sur les étals du marché la vingtaine d'espèces que consomment 95% des Laotiens. Mais à cette époque de l'année, Monsieur Si sait que la récolte sera décevante. «C’est difficile d’en attraper en saison sèche. C’est pourtant mon seul revenu et notre seul repas lorsque les stocks de riz diminuent.» Pour parer à ces fluctuations, depuis 2008, la FAO (l'agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation) tente de faire passer la cueillette artisanale d'insectes à la production organisée. L'objectif? « Lutter contre la malnutrition qui touche au Laos près de 40% des enfants de moins de cinq ans», explique Vonglokham Pouvanh, nutritionniste à la FAO. Un élevage peu coûteux… Jusqu’à quatre fois plus protéiniques que le boeuf, riches en minéraux, en vitamines A et B... Autant de qualités nutritionnelles que Mme Wunkham connaît désormais bien. Mais pour elle, l'élevage d'insectes est avant tout le moyen d'obtenir des revenus supplémentaires. Avec fierté, l’agricultrice fait visiter l'arrière-cour de sa maison. Un grésillement incessant s'élève d'une dizaine de cuves en béton. «C'est un élevage peu coûteux qui ne nécessite pas de matériel sophistiqué; il suffit de quelques œufs, d’un peu d’eau et de nourriture. J’utilise la même que pour les poulets.» Comme elle, une vingtaine d'agriculteurs sont soutenus par le projet pilote de la FAO lancé en juin 2010. «L'expérience vise à installer une production stable au Laos, mais pourrait inspirer d’autres régions du monde» explique Serge Verniau, directeur de la FAO à Vientiane. La production d’insectes ne nécessite aucun pesticide et rejette peu de gaz à effet de serre Une utopie? Près de 1.400 espèces d’insectes sont déjà consommées quotidiennement par 2,5 milliards de personnes dans le monde. Si les grillons sont une alternative intéressante à la sécurité alimentaire des pays pauvres, ils pourraient aussi devenir une source de protéines dans les pays développés. Respectueuse de l'environnement, la production d'insectes ne nécessite aucun pesticide, rejette peu de gaz à effet de serre et consomme moins de végétaux et d'eau que les bovins.
Reste à passer outre les tabous alimentaires. «Nous menons des expériences avec des chefs et des industriels pour les rendre invisibles. Réduits en poudre ou transformés en surimis, sauterelles et phasmes auront ainsi plus de chance d’arriver dans nos assiettes», explique Antoine Hubert, directeur de l’association Worgamic, spécialisée dans l'agriculture durable. Mais de là à ce que la poudre d'insectes fasse mouche en France, nos cuisses de grenouille ont encore de beaux jours devant elles.

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