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Bocuse «chef du siècle» de New Yok




Culinary Institute of America Le Français Paul Bocuse a reçu mercredi à New York le prix du «Chef du siècle», décerné par la prestigieuse école culinaire américaine Culinary Institute of America (CIA). "Il est l’un des plus grands chefs de tous les temps", a déclaré Tim Ryan, président du CIA, en remettant la récompense au célèbre cuisinier, âgé de 85 ans. Au cours de la cérémonie, Tim Ryan a retracé la longue carrière d’excellence du chef, originaire du village de Collonges-au-Mont-d’Or près de Lyon. Il a rappelé que Paul Bocuse avait conduit dans les années 60 et 70 le mouvement connu sous le nom de "nouvelle cuisine", caractérisé par l’expérimentation et une nouvelle attention portée à la présentation et aux ingrédients. C’est lui aussi qui fit sortir les chefs de l’anonymat de leur cuisine, devenant le "premier cuisinier vedette de l’époque moderne", a dit Tim Ryan. Paul Bocuse, dont le restaurant "L’Auberge" près de Lyon est gratifié des trois prestigieuses étoiles du Guide Michelin depuis 1965, a déclaré que le secret du succès en cuisine était simple. "Il ne faut jamais oublier le bon produit. S’il n’y a pas de bon produit il ne peut pas y avoir de bonne cuisine", a-t-il expliqué. Quant à son rôle dans l’invention de la "nouvelle cuisine", Bocuse a assuré qu’il s’agissait d’une invention des médias, et non d’une "révolution incroyable." "La nouvelle cuisine, c’était: rien dans l’assiette, tout sur l’addition", a-t-il dit. Présents à la cérémonie, plusieurs "top chefs" ont applaudi l’élévation de l’ancien au rang de "chef du siècle". L’incontournable Thomas Keller, patron de "Per Se" à New York, --trois étoiles au Michelin--, a souligné que Bocuse avait créé le culte moderne de la cuisine, qui vénère aujourd’hui des stars de la télévision comme Gordon Ramsay ou Jamie Oliver. Daniel Boulud, "chef de l’année" de la CIA, et également trois étoiles pour son restaurant "Daniel" à New York, a dit que Paul Bocuse l’avait inspiré aussi pour son goût de la "fraternité". "Aller au marché avec ses meilleurs amis, choisir les meilleurs produits, puis se mettre à table ensemble", voilà Bocuse, a souligné Daniel Boulud. Pour Paul Bocuse, la technique a permis d’évoluer, mais elle peut aussi être dangereuse. "Il faut vivre avec le progrès, mais la terre est fragile", a-t-il dit, évoquant l’accident nucléaire récent au Japon. (AFP)

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