mercredi

Quand la confiserie devient un art musical

ARTS ET ALIMENTATION
la cuisine dans les arts, et les arts dans la cuisine

mardi

La convivialité à Table



Une étude compare nos comportements alimentaires à ceux des Américains et des Européens, avec ce constat : la mondialisation n’a pas encore eu raison de nous !

Les Français et les Européens au centre d'une étude sur l'alimentation SIPADis-moi comment tu manges, je te dirai qui tu es. Le repas comme exception culturelle française, tout le monde s’accorde là-dessus. L’Unesco n’a-t-elle pas, il y a un an, inscrit notre gastronomie au Patrimoine immatériel de l’humanité ? Mais au quotidien, nos pratiques diffèrent-elles réellement de celles de nos voisins occidentaux ? Une étude de Claude Fishler, directeur de recherche au CNRS, dévoilée lors des deuxièmes assises de la fondation Nestlé le 8 novembre, passe au crible nos comportements autour des plaisirs de la table, et les compare à ceux des Américains et des Européens. Intitulée « Les Français et l’alimentation », cette enquête a été effectuée deux fois à dix ans d’écart, sur un échantillon de 7.000 personnes et s’accompagne d’un fascicule d’entretiens du sociologue avec Monique Nemer, Manger, mode d’emploi (Fondation Nestlé France). Les Français s’y distinguent par leur intérêt pour une alimentation certes saine, mais surtout marquée par la qualité des produits, le plaisir et la convivialité. Plus que jamais, la dimension sociale est au cœur de nos assiettes. Mondialisation et américanisation ne semblent pas avoir eu raison de l’art de manger à la française.

Entre amis
L’invité est sacré, et les Français conservent des trésors de tolérance pour ceux qu’ils reçoivent. Ainsi, 90 % d’entre vous trouvent normal qu’un convive les avertisse de son régime sans sel, alors qu’il s’agit d’un vrai casse-tête pour la maîtresse de maison qui doit non seulement accepter d’affadir ses œuvres culinaires, mais en outre composer un menu dans lequel elle traque le sel caché ! Et si vous êtes presque aussi nombreux à tolérer les végétariens (78 %), vous êtes en revanche 28 % à pester contre un convive qui n’aime pas… le poulet ! Une échelle de valeur qui s’explique par l’importance accordée « aux raisons médicales, ou aux convictions d’ordre religieux ou éthique, par rapport à un goût personnel et individualiste », selon le sociologue Claude Fishler, spécialiste des comportements alimentaires. Aux Etats-Unis ou en Angleterre, toutes les singularités sont acceptées à 90 %, « car si en France, le repas met en jeu une relation de communion, chez les Anglo-Saxons, il s’agit d’une relation contractuelle ». Et, dans le « contrat », l’individu ne se dissout pas dans la communauté : « manger demeure fondamentalement dans la sphère de l’intime ».


Et la santé ?
En nette augmentation, la perception d’une nourriture de moins en moins saine. En effet, 67 % des personnes interrogées estiment que les produits sont moins sûrs aujourd’hui qu’il y a cinquante ans, ils n’étaient que 52 % en 2002. Pourtant, de l’avis général des nutritionnistes, notre alimentation n’a jamais été aussi appropriée pour préserver la santé. Par ailleurs, alors que les Américains sont obsédés par les nutriments et se bourrent de vitamines et de compléments alimentaires (dont nous nous méfions, puisque nous leur attribuons la note de 3,1/10, en termes de valeur santé), notre taux d’obésité est trois fois moins important que le leur. Claude Fishler s’est amusé à demander aux deux populations d’associer, parmi les trois mots, « pain », « pâtes », et « sauce », les deux qui vont le mieux ensemble. Pour les Français, « pâtes et sauce » ou « sauce et pain » apparaissent comme des évidences, alors qu’outre-Atlantique, « pâtes et pain » arrivent largement en tête, « parce que les deux sont des féculents, explique le sociologue. D’un côté, on pense spontanément en termes de nutriments, alors que les Français raisonnent cuisine et goût ».

Des différences culturelles
Entre un glacier qui propose 10 parfums et un autre qui en propose 50, lequel choisissez-vous ? Les Français préfèrent le premier à 68 %, quand les Américains optent pour le second à 56 %. Une petite question anecdotique qui en dit long sur les cultures alimentaires. Rien n’est signalé sur la qualité des produits ou sur les parfums en question. Sauf qu’un choix restreint nous évoque une entreprise artisanale, symbole pour nous de qualité et d’authenticité, des valeurs essentielles dans l’Hexagone, alors qu’« il y a dans la culture américaine une valorisation extrême de la notion de choix, analyse Claude Fishler. L’individu est libre, et sa liberté se mesure aux possibilités de choix qui lui sont offertes ».


Les horaires étudiés
Ce n’est pas une découverte : les Français mangent à heure fixe, et passent en moyenne deux heures et quart à table. Des habitudes qui nous font passer pour psychorigides auprès des Américains qui consacrent moitié moins de temps aux repas et se nourrissent en marchant ou en travaillant, sans souci de l’heure. Il est amusant d’observer la courbe des heures de repas entre la France et le Royaume-Uni : « A 12 h 30, un jour quelconque de la semaine, 54 % de la population française est en train de manger. Outre-Manche, on constate que le pic se situe à 13 h 10, mais, surtout, qu’il n’y a que 17,6 % des Britanniques qui sont alors en train de manger », observe le sociologue. Il remarque au passage que l’expression « l’heure du repas » ne signifie rien de précis en anglais, alors qu’en français, « c’est, à une demi-heure près, 12 h 30 - 14 heures pour le déjeuner, et 20 heures - 21 h 30 pour le dîner. Et gare à qui n’est pas à l’heure : après le traditionnel “A table !” »

Par Marie Marvier
C'est sur France Soir !

mardi

Café Philo



La patrimonialisation de la gastronomie devient petit à petit une mode gastronomique confondue avec le chauvinisme, puis délayée dans des restaurations à thème telles que la bistronomie. La définition originelle de « valorisation des spécialités régionales et gastronomies de terroir » prend au fil des époques une allure spirituelle d’attachement à la valeur du « comment manger ? » plus que du « quoi manger ? ». Le gastronomisme devient ainsi une pensée, bien qu'aux oreilles de tout un chacun le gastronomisme ne résonne pas réellement. Des journalistes dits gastronomiques utilisent quelquefois cette déclinaison pour souligner les ambiances de bistrots, et certaines personnalités politiques l’usent à des fins d’identité nationale, mais aucun ne souligne l’idéologie portée par les gastronomistes. Gastronomisme comme gastronomie ont pris aujourd’hui une telle expansion qu’ils ne veulent plus dire grand-chose. Mais qu'en dit-on au coin du comptoir ?

samedi

De l'eau et des mots pour s'abreuver !


Aujourd'hui, dans ma boite aux lettres tombe un prospectus syndical, et dans les rues de Paris, j'observe les porteurs d'eau, des porteurs d'idées qui défilent sous une pluie battante, portant avec eux les os, leur eau de pluie sur les épaules, et l'eau miraculeuse créée par ce flux de marcheurs volontaires et déterminés.
La rareté des eaux buvables à Paris et en Province explique l’importance des porteurs d’eau, corporation très florissante depuis le Moyen Age.
A cette époque, les porteurs d’eau travaillaient parfois sur abonnements et souvent faisaient fortune, à l’image des rédacteurs de tracts. Comme tous les parisiens, ils s’approvisionnaient aux fontaines, mais leur rôle était d’apporter l’eau à ceux qui habitaient loin de la source.
Toutes ses ressources étaient encore sans doute insuffisantes sous l’Empire, car Napoléon voulu faire plaisir aux parisiens, conseillé par Chaptal :
« Sire, donnez leur de l’eau. L’eau se vend à Paris à la bouteille, et c’est un impôt énorme que paie le peuple. »
Chaptal envisagea donc la construction du canal de l’Ourcq, et l’Empereur signa un décret pour l’édification de quinze nouvelles fontaines.
L’eau potable des fontaines de Paris ou de la petite place du village de Provence a bien disparue. Elle coule au robinet qu’on oubli d’arrêter, dépensant sans compter, en partant vite pour aller marcher plus encore pour gagner plus.
J’espère, comme ces fontaines, avoir apporter de l’eau à votre moulin, tout en respectant les marcheurs salutaires à leurs idéos, et les petits enfants porteurs d’eau des continents africains ou asiatiques dont je salue le courage.

vendredi

La nature et la nature humaine

Dans ce produit de la vigne, quelle personne n'a jamais aperçu le reflet de l’âme du terroir et le caractère du climat au sein duquel la vigne a élevé ses fruits.

Dans cette harmonie, dans cette relation intime entre la vigne et son environnement, la nature humaine accompagne et guide le vigneron dans une recherche de perfection.

La sagesse des âges est chaque année récoltée, puis relaissée entre les mains des terres pleines de vitalité, de même que le végétal scrupuleusement sélectionné, générations aprés générations, et adapté de manière réfléchie à chaque parcelle.

Ensuite, arrive la symphonie, celle du climat qui donne le rythme, celle du terroir et de la vigne qui prennent le rôle des violons. Et enfin arrive l'homme , le chef d’orchestre passionné dont l'expression humanise la vigne.

« Seul dans le domaine végétal, le vin permet à l’homme de comprendre la véritable saveur de la terre. » Colette

jeudi

Un historien de la gastronomie nous quitte





Anthony Rowley faisait partie de ces historiens qui se consacrent entièrement à transmettre les œuvres de leurs pairs. Longtemps enseignant à Sciences Po, ses passions se partageaient entre la gastronomie et l’histoire contemporaine. Il publia notamment Une histoire mondiale de la table (Odile Jacob) en 2006. Il laisse surtout son empreinte dans l’édition d’histoire gastronomique, puisqu’il fut directeur littéraire chez Perrin avant de rejoindre Fayard en 2010. Anthony Rowley, éditeur, historien, gastronome et historien de la gastronomie, avait fait profession de curiosité. Dandy, esthète, il incarnait une certaine élégance française. Anthony Rowley est mort hier à l’âge de 59 ans.

mercredi

Le bonheur est-il de retour dans l'assiette ?



Michel Onfray : Je ne pense pas que le bonheur soit de retour dans l'assiette, car il s'y est toujours trouvé... Vue par les médias, l'assiette, c'est souvent le plaisir des snobs, des riches urbains qui pratiquent la gastronomie, souvent un sport de vieux, des restaurants étoilés... Mais c'est aussi et surtout un plaisir modeste de gens modestes qui, pour beaucoup, sont souvent les victimes de la brutalité du monde libéral et trouvent dans les repas matière à des microfestivités plusieurs fois par jour. Le grand chef n'est pas le seul à faire la loi hédoniste dans la cuisine, il y a nombre de cuisiniers de tous les jours, hommes et femmes, qui font à manger pour ceux qu'ils aiment et qui confectionnent des bonheurs simples. Le projecteur sur les tables haut de gamme ne doit pas faire oublier les petites tables dans l'ombre sur lesquelles se jouent des festins miniatures pour les gens hors champ...

Pourquoi est-il si important de prendre du plaisir en mangeant ?

Parce que les occasions ne sont pas nombreuses dans une journée de donner et de se donner du plaisir : petit déjeuner, déjeuner, pause quatre-heures, dîner peuvent fournir autant d'occasions de micro-républiques hédonistes si on sait le vouloir et le pouvoir. Ensuite, parce que le corps ne jubile pas si on ne le lui demande pas. Dès lors, aborder la table (comme le lit) non comme un lieu utilitaire mais comme une scène joyeuse, c'est voler au néant dont nous provenons et vers lequel nous nous dirigeons de petits morceaux d'éternité que sont les instants bien vécus.



Diriez-vous que se nourrir est le plaisir le plus accessible à tous ?

Non. La pauvreté traverse également la cuisine, bien sûr... Quand vous gagnez peu ou presque rien et que vous déduisez de votre modeste pécule les charges nécessaires, incontournables, il vous reste le budget nourriture, sur lequel vous pouvez agir un peu. Dès lors, pour économiser, les pauvres fréquentent les magasins de grande distribution bas de gamme, achètent des produits insipides, évitent les aliments symboliquement festifs pour se rabattre sur l'alimentation efficace (riz, pâtes, pommes de terre, conserves...). Ils ajoutent ainsi à leur détresse sociale la détresse de la table, sur laquelle les plats sont aussi peu ragoûtants que la vie de ceux qui les mangent... Il faudrait enseigner, éduquer au goût - ce que nous faisons à l'Université populaire du goût dans ma ville d'Argentan. A savoir : apprendre à bien manger, à bien cuisiner des produits frais, à faire des gestes culinaires simples, pour retrouver le goût des choses simples, bonnes, fraîches, bien préparées. Mais qui assure cette pédagogie ? Personne. Les familles transmettent sans forcément le vouloir leurs habitudes alimentaires. Ainsi se perpétue la misère sensuelle par-delà les générations...

A une époque où tout est en accélération, pensez-vous que la pause du repas soit plus que jamais vitale ?

Bien sûr. Il n'y a rien de plus pitoyable que des gens qui ne sont pas à ce qu'ils font et mangent en regardant la télévision, en lisant un journal, en téléphonant pour ne pas perdre de temps. Il faut conjurer cette pitoyable solitude qui se manifeste toujours dans le fait de manger tout seul auprès de gens qui, eux aussi, mangent seuls et se retrouvent dans l'incapacité de faire une communauté, à savoir une table digne de ce nom à laquelle on se parle, on échange, on rit, on vit... Le concept de " fast-food " se comprend mieux si on l'extrapole à la sexualité. " fast-sex " : qui peut vouloir cette misère sensuelle ?

A l'heure où nos contacts, via l'iPhone ou l'e-mail, sont pour l'essentiel virtuels, le repas est-il devenu le moment privilégié pour recréer physiquement du lien ?

En effet... Le politiquement correct en nourriture passe par les hygiénistes et les diététiciens, qui transforment la cuisine en pharmacie et la nourriture en médicaments. On parle d'ailleurs d' " alicaments " pour signifier qu'en mangeant un yaourt on peut aussi avaler un laxatif, autrement dit un agent de la tyrannie des corps postmodernes à même de donner le ventre plat et de diriger le mangeur vers la maigreur, fantasme du monde de la mode souvent fabriquée par des gens qui n'aiment pas la vie, le monde, les autres, les gens, et pour qui la nourriture est l'ennemie contre laquelle il faut mener une guerre totale et permanente.

Peut-on dire que nous avons été dépossédés de notre assiette par l'industrie agroalimentaire ?

Oui, et par ce qui va avec : le capitalisme dans sa formule libérale, qui ne voit pas la charge hédoniste, sensuelle, voluptueuse et conviviale de l'alimentation, mais qui sait que, puisque les humains sont condamnés à se nourrir tous les jours, il y a là un marché inépuisable, susceptible de dégager des bénéfices énormes et indéfiniment reproductibles. Avec leur armée de banquiers et de financiers, les libéraux ont pris les paysans à la gorge en inscrivant leur travail millénaire dans une chaîne productiviste qui a engendré l'augmentation des productivités, mais au prix de la destruction de la nature et des saveurs au profit d'un aliment calibré, insipide, inodore. Le plus beau repas que j'aie jamais consommé dans ma vie le fut en Italie en compagnie de Carlo Petrini, l'inventeur de Slow Food : des produits divins qui donnaient l'impression d'une cuisine faite avec des aliments que je connaissais, bien sûr, comme tout un chacun, mais dont je découvrais pour la première fois la véritable saveur. Et pourtant, j'ai eu une enfance à la campagne...

Sous couvert de démocratisation, la grande distribution n'a-t-elle pas surtout kidnappé le goût en uniformisant les saveurs, favorisé la malbouffe et accentué la fracture sociale dans l'assiette ?

Oui. La grande distribution a tué la petite paysannerie et les petits producteurs en achetant de grandes quantités, ce qui permettait de vendre moins cher tout en conservant une bonne marge. Les producteurs de produits véritables, sains, authentiques se sont retrouvés devant un dilemme : disparaître comme producteurs de qualité en jouant le jeu de l'hyperproductivité (modernisation du parc de matériel agricole, traitements, produits chimiques, agrandissement des propriétés, donc endettement...) ou disparaître en tant que tels, mangés par la grande distribution (faillite, vente des parcelles et mise en friche, vie au crochet du conjoint en travaillant douze heures par jour avant de renoncer, paupérisation, suicide...). La grande distribution mène une guerre dont on n'a pas encore comptabilisé les victimes...

La " démocratisation du goût " qui vous est chère ne passe-t-elle pas obligatoirement par une réappropriation de l'assiette, aussi bien dans lareconquête du savoir-faire culinaire que par une relation plus directe du consommateur au producteur ?

Elle passe par une pédagogie. Jadis, les familles étaient construites sur de vieilles valeurs : misogynie, phallocratie, machisme, etc. L'homme travaillait, la femme faisait des enfants, les élevait, faisait la cuisine, la vaisselle, le ménage. Dans cette configuration, la mère apprenait à cuisiner à sa fille - pas au garçon... Et, même si la jeune fille détestait ça, il lui fallait faire à manger au maître seigneur de la maison que deviendrait son époux... La cuisine était affaire de femmes, et ce depuis l'époque préhistorique. L'avènement de la famille postmoderne, éclatée, recomposée, égalitaire, la famille d'après Mai 68, dessine une nouvelle configuration : les femmes travaillent, les hommes aussi (du moins quand ils ont du travail...), et cuisiner relève souvent de la corvée. On se nourrit pour ne plus avoir faim, point. Sans le savoir, l'époque est sartrienne, elle illustre la fameuse " métaphysique du trou à boucher " chère à Sartre qui pensait dans ces termes la question de la nourriture... D'où le triomphe des plats préparés, du micro-ondes, des conserves, du surgelé, des pizzas. Réapprendre à cuisiner, c'est disposer de temps : pour faire vraiment les courses sur un marché, et non remplir un chariot dans un supermarché ; apprendre à varier les aliments en alternant ; penser à planifier les repas sur un ou deux jours ; préparer les plats, les cuisiner, surveiller ; les servir... Si la famille n'est plus le lieu de la transmission et qu'ici comme ailleurs on ne transmet pas, ou plus, alors on fait n'importe quoi. Normal. Je ne milite pas pour le retour à la famille d'avant Mai 68, entendons-nous bien, mais pour la multiplication d'ateliers comme ceux de l'Université populaire du goût.


Manger est-il un acte politique ?

Je crois que notre échange en témoigne

Propos recueillis par Christophe Labbé et Olivia Recasens pour Le Point

jeudi

Masterchef en culottes courtes


Alors que la version "normale" de Masterchef est encore à l'antenne pour trois semaines, la Une lance la semaine prochaine le tournage d'un Masterchef Juniors.

Des tabliers XXS, des toques tailles 53 et des ciseaux à bout rond : TF1 prépare bel et bien un Masterchef Junior, comme nous vous l'annoncions il y a quelques semaines. Le premier clap retentira en début de semaine prochaine à La Plaine Saint-Denis, pendant les vacances scolaires. En compétition, des enfants pour lesquels le sanglier sauce grand veneur ou l'omelette norvégienne aux trois chocolats-épices n'a pas de secret. Capables d'identifier 44 fromages différents sur une table. De mijoter une julienne de légumes en trois secondes. Ou de faire cuire un oeuf au plat à 3000 mètres d'altitude. Bon, ok, on en fait peut-être un peu trop, mais nul doute que ces mini-cordons bleus sauront délivrer des plats "gourmands", "avec de l'engagement" et des "jeux de texture", comme le veut la tradition des émissions culinaires à la télé.

Masterchef Junior, déclinaison du classique Masterchef, existe déjà à l'étranger, notamment en Grande-Bretagne et en Australie. Les règles du jeu ont évidemment été modifiées avec l'âge des candidats : toutes les épreuves ne sont pas éliminatoires, les petits ne sont pas exclus seuls mais en groupe, et, lors de leur élimination, reçoivent un trophée récompensant leur participation.

Aux manettes de ce Masterchef Junior, TF1 a garder la même ligne : Carole Rousseau à l'animation et le trio Yves Camdeborde-Sébastien Demorand-Frédéric Anton comme jurés. L'émission devrait faire l'objet d'un ou deux prime. Le premier volet serait diffusé pendant les vacances de Noël, l'autre en 2012.


Est-ce à dire que Masterchef puisse avoir un statut pédagogique, j'aimerai bien.

Quand un ministre de la culture parle de gastronomie....









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Fil'gouv







vendredi

Foire aux vins et oenologisme




Ces approches plurielles de verres rappelent les approches plurielles du vin, qu’elles soient culturelles, scientifiques, techniques, économiques, artistiques, politiques, géographiques ou historiques, qui nous font découvrir ce qu’est un « bon vin ». Nous appelons souvent «bon vin» ce qui se conforme à ce que désire chacun d’entre nous. Et si le « bon vin » – terme à variantes – désignait autre chose ? Quand on se pose la question « Qu’est-ce qu’un bon vin ?» on est presque inévitablement tenté de répondre : « Le bon vin, c’est le contraire du mauvais vin. » Soit ! mais, alors, « Qu’est-ce qu’un mauvais vin ? » pourrait-on ajouter. Le vin qui n’est pas «bon», donc mauvais, c’est qu’il est contraire aux coutumes gustatives et rites oenophiliques de la culture vineuse dans laquelle on vit. Il n’existe pas de « bon vin » en-soi, mais uniquement des vins potentiellement «bons», car, contrairement à ce que nous vantent les étiquettes, toute théorie du « bon scientifiquement prouvé » peut être réfutée philosophiquement. Le bon vin existe par sa bonne dégustation, et celle-ci passe par le fait d’apprécier et de pouvoir ainsi vivre un moment de dégustation d’une façon conforme à soi-même, à ses attentes ou à celles de la société dans laquelle nous vivons. L’appréciation lors d’une dégustation dans les hautes sphères sociales n’aura pas la même finalité que celle pratiquée dans une cave agricole chez un producteur. Voilà qui paraît logique, on ne saurait limiter le bon à une déclinaison purement subjective, heureuse et concrète envers certains vins (c’est pourtant ce que font beaucoup d’entre nous). Quand on dit qu’un vin est bon, on ne dit pas seulement qu’« il nous plaît personnellement », on sous-entend trop souvent qu’il est conforme a ce qu’il doit être et donc à l’idée qu’il faut s’en faire dans une société de connaisseurs de vins. Le propre du dégustateur comme du vin est d’enseigner, à travers ses propos, que ce produit est culturel. Ainsi, le dégustateur parle du vin en fonction de ses expériences formant un ensemble appelé quelquefois « oenologisme ». Quand il déguste, l’amateur, de manière réfléchie, peut juger un « bon vin », non pas simplement ce qu’il boit physiologiquement, mais ce qu’il ingurgite aussi spirituellement. Le « bon vin » n’est pas celui que l’on boit, mais celui que l’on pense. K.Stengel



lundi

Le canard au sang



C'est ce qu'on appelle "casser trois pate à un canard".....



De mémoire de colonne vertébrale, ce qu'a oublié de dire le maître d'hôtel présentateur, c'est le poids inhumain de la presse à canard. Je me suis coltiné cette presse en argent plusieurs fois par service durant 4 ans. Et mon meilleur souvenir reste les jets de sang mal dirigés qui finissent sur les robes de soirée des poules de luxe affolées.

vendredi

Dans le cochon tout est bon










Cochons de nitrates par nipola

Mes chers enfants....

Notre assiette a aujourd’hui échangé
les rutabagas par les fraises Tagada
et les pommes duchesses par des Chips sèches.
Les héros des enfants ne mangent plus d’épinards
mais des Malabar et des Carambar.

J’imagine ma grand-mère dépitée
voyant que le repas du mercredi
s’appellent dorénavant surimi,
et que les goûters jadis à table
se nomment « Pom'pote des cartables ».

vendredi

GASTROLATRIE Pantagruellique et Gargantuesque





Dans le Quart livre de François Rabelais, en 1552, Pantagruel découvre en cours de son odyssée bouffonne le peuple des Gastrolâtres, adorateurs du Ventre qui ont fait de Messire Gaster leur dieu ventripotent, ou Comment en la court du maistre ingenieux Pantagruel detesta les Engastrimythes et les Gastrolatres.









GARGANTUA : La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel, ou plus simplement Gargantua, est le deuxième roman de François Rabelais. La première publication datée du Gargantua remonte à 1535. L’auteur a retravaillé le texte ultérieurement. Gargantua a été écrit après Pantagruel (publié en 1532), mais Gargantua est le père de Pantagruel et lorsqu’en 1542 les deux ouvrages furent publiés simultanément, Gargantua fut placé en tête.
Gargantua est sans doute le texte narratif le plus célèbre de la Renaissance française. D’une structure comparable à celle de Pantagruel, mais d’une écriture plus complexe, il conte les années d’apprentissage et les exploits guerriers du géant Gargantua.






Plaidoyer pour une culture humaniste contre les lourdeurs d’un enseignement sorbonnard figé, Gargantua est aussi un roman plein de verve, d’une grande richesse lexicale, et d’une écriture souvent crue, volontiers scatologique.
En proie à la censure de la Sorbonne (Le Pantagruel est condamné par la Sorbonne en 1534) Rabelais a publié Gargantua sous le même pseudonyme que Pantagruel: Alcofrybas Nasier (anagramme de François Rabelais) Abstracteur de Quinte Essence.







Pantagruel, fils de Gargantua : Héros éponyme du premier livre de François Rabelais publié en 1532 dont le titre complet est : Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel Roi des Dipsodes, fils du Grand Géant Gargantua.
Suite au succès de celui-ci, l’auteur signe en 1534 un deuxième roman, Gargantua. En proie à la censure de la Sorbonne, il publie ces deux œuvres sous le pseudonyme d’Alcofribas Nasier (anagramme de François Rabelais).
Humour, langue d’une richesse jamais égalée, délire d’imagination… Rabelais a mis tout son talent au service du rire et de l’ouverture d’esprit. Le fils de Gargantua, Pantagruel est le héros, géant, de cette farce éclairée qui oppose le Moyen Âge obscurantiste et l’extension des savoirs de la Renaissance.