mardi

Enseigner la cuisine aux enfants



Il est urgent d'enseigner la cuisine aux enfants mais aussi aux adultes pour compenser les effets de la cacophonie alimentaire, ces discours contradictoires sur ce qu'il faut ou ne faut pas manger pour être en forme, limiter les risques de cancer, préconise un ouvrage collectif.

Faut-il manger des poissons gras car ils sont riches en Oméga 3 ou les limiter car ils sont aussi les plus contaminés en mercure, plomb, cadmium, dioxine, PCB et arsenic? Un exemple de cacophonie alimentaire, de «brouhaha diététique», qui plonge le consommateur dans le désarroi...

Coordonné par François Guillon, président de l'institut français pour la recherche en marketing de l'alimentation santé (Iremas), le livre blanc de la cacophonie alimentaire, présenté au récent salon de l'alimentation, ne donne pas de réponses mais il décrypte «les mécanismes de la cacophonie» et tente d'en «compenser les effets».



«Il est utopique de vouloir supprimer la cacophonie», reconnaît M. Guillon, contacté par l'AFP, mais il faut «réduire la vulnérabilité des consommateurs», à commencer par «apprendre aux enfants ce qu'est l'alimentation, la cuisine».

«Il faut qu'ils développent leur esprit critique», insiste-t-il.

Les scientifiques doivent aussi «appliquer des règles de précaution» pour ne pas publier trop tôt des études qui seront utilisées par d'autres via Internet et veiller à leur communication.

Est notamment cité David Servan-Schreiber, et son livre «anti-cancer», comme «l'exemple à ne pas suivre», selon M. Guillon. Il «créé la cacophonie» en parlant «d'un régime ciblé anti-cancer» alors que les scientifiques disent qu'on peut limiter les risques de cancer avec une alimentation saine, mais qu'on «ne peut pas aller jusqu'à définir un régime anti-cancer».

Ce livre blanc est proposé uniquement en format électronique, sur le site iremas.org.


Promouvoir les bases d'une alimentation saine et d'un mode de vie sain chez les enfants de 9 à 11 ans : tel est le but de Ajial Salima (des générations saines), un programme international lancé par Nestlé et qui sera exécuté au Liban en coopération avec l'Université américaine de Beyrouth (AUB) dans vingt écoles gouvernementales au cours de la première année. Quarante autres écoles seront incluses au cours des deuxième et troisième années de l'application du programme.
Celui-ci s'adressera à l'enfant dans son environnement scolaire et familial. Les parents seront ainsi conviés à assister à des conférences sur les bases d'un mode de vie sain. De même, un kit intitulé « Kanz el-soha » (Le trésor de la santé) sera distribué aux enfants dans les écoles publiques et privées. Celui-ci est réalisé par Carla Habib Mourad, nutritionniste, dans le cadre de sa thèse de doctorat sur les « Interventions pour promouvoir les bonnes habitudes alimentaires et l'activité physique chez les écoliers libanais ».



À cet effet, un accord de coopération a été signé récemment entre le président de l'AUB, Peter Dorman, et le PDG de Nestlé au Moyen-Orient, Yves Manghardt, au cours d'une conférence de presse organisée à l'hôtel Le Gray.
Cet accord est d'autant plus important que le taux de la surcharge pondérale et de l'obésité infantile est en croissance au Liban. Une étude menée par Mme Nahla Hwalla, doyenne de la faculté d'agronomie et des sciences alimentaires à l'AUB, montre qu'en douze ans, le taux de l'obésité chez les enfants et les jeunes de 6 à 19 ans a doublé, passant de 6,8 % en 1997 à 13,2 % en 2009.
Par ailleurs, cet accord prévoit des projets de recherches qui s'étendent sur trois ans dans le but d'évaluer et de proposer les meilleures solutions aux problèmes de nutrition chez les enfants.

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