samedi

Insultes gourmandes

Histoire de..voici quelques termes culinaires offerts injurieusement à certains êtres qui ne le méritent certainement pas.

Espèce d'andouille, espèce de bonne poire, espèce de pauvre pomme, espèce de quiche, espèce de grande asperge, espèce de petit boudin, espèce de thon, espèce de tronche de cake, espèce de cornichon, espèce de dinde, espèce de maquereau, espèce de morue, espèce de nouille, ... sans oublier celle qui risque de me tomber sur la tête dans quelques années...crâne d'oeuf.



Afin de défendre la culture gastronomique française, je vous en prie laisser tous ces termes alimentaires tranquille, et cessez de les utiliser hors de leur contexte originel. Cela nuit à l'image des produits...

lundi

Il ne faut pas jouer avec la nourriture !





Tandis que Christophe Spotti fait mousser le lait, que Marc Brétillot publie ses mémoires et que Diane Bisson a trouvé le moyen de nous faire littéralement manger nos assiettes, la jeune génération s’impose tant et si bien que l’agroalimentaire lui fait du pied… Le design culinaire s’emballerait-il ?

Après dix années à provoquer de délicieuses rencontres entre les fruits et les légumes et l’art et le design, Christophe Spotti a quitté la galerie Fraîch’attitude et c’est au CNIEL, le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière, qu’il insuffle désormais sa belle énergie. « Les valeurs de la Milk Factory sont celles de la création d’avant-garde, mais aussi du partage », indique-t-il.
La preuve est dans son sillage avec la plasticienne Martine Camillieri (1), la consultante culinaire Sonia Ezgulian, l’artiste Natacha Lesueur, la vidéaste Youlia Rainous ou encore Elise Labide, auteure de l’excellent blog Eatdesign.
Bientôt de grands chefs seront invités à « explorer, tester, se tromper » au sein du laboratoire de la future galerie. Sa réalisation a été confiée à Clémence Farrell et Ich&Kar, et son ouverture est prévue début 2011.
En attendant, c’est Isabelle Rozenbaum qui signe la première grande exposition hors les murs (2). La photographe et ethnologue a sillonné la planète et immortalisé les multiples cultures du lait. Ses photos documentaires ainsi que celles d’amateurs seront projetées en animation grand format à partir du 12 mai, à la Galerie Deborah Zafman, à Paris. Un voyage certes plus visuel et narratif que gourmand, mais qui prend tout son sens dans notre société où, comme le note Marc Brétillot,
« les gens mangent de moins en moins pour se nourrir et de plus en plus pour se raconter des histoires ». (Sandra de Vivies)

(1) Christophe Spotti a dernièrement soutenu le projet Suitehôtel de Martine Camillieri, soit neuf beds & breakfasts aménagés dans des voitures dans le cadre du festival Sonorama, à Besançon.

(2) Cultures des laits du monde, jusqu’au 26 juin à la Galerie Deborah Zafman, 3-5, passage des Gravilliers,
 75003 Paris.
Tél. : 01 40 29 46 74. www.deborahzafman.com

vendredi

ANGOISSES

Quelquefois une rencontre entre l'homme et sa nourriture peut être vouée à la catastrophe......

mercredi

L'art de la gueule !


Vingt-quatre ans avant J-C, Horace disait : Nil intentatum nostri liquere poetœ. Depuis Horace, que de poèmes ont été publiés. Cependant le sujet que je traite est vierge encore. Je sais que nombre de poètes pleins d'esprit et de gaîtés ont chanté les plaisirs de la table, et ont décrit dans des vers charmants tous les mets qui doivent composer un bon dîner. Je rends hommage à leur talent ; mais le poème ne peut être utile qu'aux riches, et ces gens-là ne dînent que trop bien. N'ont-ils pas d'ailleurs, je ne dis pas dans leurs bibliothèques, mais dans leurs salles à manger, le plat issus d’augustes cuisiniers et les orfèvreries issues des traités profonds du savant Grimod, maître en l'art de la gueule ?
J'ai consacré mes débuts professionnels à cette classe existentielle. Je me suis occupé du bonheur des gens de lettres et d’affaires, de ces hommes précieux qui embellissent et éclairent la société. Puisque ils ont plus de dîners que d'appétit, je voudrais un jour réussir à les rapprocher de ceux qui malheureusement ont plus d'appétit que de dîners, autour d’un même plat la culture alimentaire. Cette heureuse réunion servirait les hommes, les arts, les sciences, les lettres et l’histoire.
Rendre utile en pratique, une culture théorique. Donner de l’équilibre à l’assiette par le biais du terroir et de l’histoire. Rapprocher le quotidien de l’homme de sa culture alimentaire généalogique. Autant d’atouts oubliés !

mardi

vin de terroir et vin technologique






J'entends souvent dire que pour acheter un bon vin, il faut acheter un vin de terroir...

La définition de ce qu’est un bon vin est toute subjective. Pour Jean-Robert Pitte, universitaire spécialiste du vin, les vins de terroir procurent plus d’émotion et de mystère que les vins technologiques ou « passe-partout ».

Tout le monde souhaite faire du bon vin. Cela rime-t-il avec un vin "techno, bien fait", ou vin "de terroir, naturel" ? Qu’est-ce qu’un bon vin ? s’agit-il d’un vin de plaisir immédiat, d’un vin cher, d’un vin parfait sur le plan organoleptique, d’un vin de terroir ? Jean-Robert Pitte, géographe, président de l’université de la Sorbonne et écrivain spécialiste du vin, a animé un débat sur cette question lors du récent forum de l’Institut européen d’histoire et des cultures de l’alimentation à Tours. Jean-Robert Pitte oppose « les vins technologiques, passe-partout, sans émotion mais où l’on trouve quand même du plaisir » aux vins « géographiques, de terroir, qui ressemblent à leur terroir et aux vignerons que le font ».
Pour l’universitaire, « le bon vin est presque une personne vivante, qui ne sera plus le même le lendemain, et qui saura toucher une corde sensible chez celui qui le boit ». Pour Jean-Claude Ribaut, chroniqueur gastronomique au Monde, « une rencontre avec un bon vin c’est un don consenti. Le vin est obligatoirement lié au partage, à la convivialité, à la cuisine ». Henry Marionnet, viticulteur sur une cinquantaine d’hectares à Soings en Sologne, a lui une définition beaucoup plus simple du « bon » vin : « comme disait mon père, un bon vin c’est quand un verre en appelle un autre. Nous essayons de faire des vins que l’on aime et qui nous semblent bons pour la santé. Le vin donne du plaisir, sinon une émotion, on doit se sentir bien après l’avoir bu, il doit être comme un élixir de jouvence. » Henry Marionnet pratique les vendanges manuelles, les fermentations intracellulaires, évite l’emploi de levures sélectionnées, limite l’apport de SO2 et la chaptalisation. Il est aussi connu pour sa cuvée « Vinifera », un gamay issu d’une vigne non greffée. Ce viticulteur possède également des vignes non greffées en sauvignon et côt. « Pour faire du bon vin, il faut du bon raisin. On n’est pas là pour doper les vignes à surfabriquer du raisin. Nous laissons la vigne donner ce qu’elle a, avec des traitements minimum, à la limite de la rupture. La nature ne se domine pas tant que ça », souligne Henry Marionnet.
Thibaut Boulay, agrégé d’histoire et fils d’un vigneron en Sancerre estime également que le bon vin est indissociable de l’authenticité : « il s’agit d’un vin ‘naturel’, respectueux des sols. Le travail avant la vendange est aussi important que celui fait après. »

« Les vins ne doivent pas être élitistes »
David Cobbold, journaliste et consultant britannique, est en revanche beaucoup plus critique envers la notion de « vin naturel » : « Le vin purement naturel donne du vinaigre. On navigue trop dans le mythe. Avec pas ou peu de soufre, des problèmes techniques apparaissent. Les vins pétillent ou sentent l’écurie ». Et en opposition à Jean-Robert Pitte fustigeant les vins technologiques qu’il compare à du Coca-Cola, David Cobbold affirme la nécessité d’avoir des « vins techno, bien faits » : « les vins ne doivent pas être élitistes. Des vins simples, de soif, de plaisir immédiat sont vitaux pour faire prospérer le marché du vin. Un nouveau consommateur ne commence pas par des vins géographiques. 80% des vins vendus dans le monde le sont à moins de cinq euros. » Le journaliste britannique « défend les vins de marque », par exemple ceux de la marque australienne (aujourd’hui propriété de Pernod-Ricard) Jacob’s Creek. « Dire que les vins technologiques c’est bon pour les nouveaux consommateurs, c’est abaisser le niveau d’un produit culturel pour le rendre plus accessible et c’est un peu méprisant pour les consommateurs, rétorque Jean-Robert Pitte. Lors de dégustations, les étudiants qui pourtant n’y connaissent rien comprennent la différence entre des vins technologiques et des grands vins. Les débutants aussi ont droit à la qualité et à des vins de sensibilité ».

Pour l’universitaire, le modèle français du vin de terroir va se développer dans le monde: la « nature humaine engendre la diversité et la tendance est à la complexification de l’offre. Le monde va compter de plus en plus de véritables connaisseurs du vin ».
Sources : Ligérienne de presse et Viti-net