lundi

Le vin apporte du sens à l'imaginaire

Le vin inspire les civilisations, qu’elles soient monothéistes, païennes ou mercantilistes. Il a irrigué les pensées des hommes de la Méditerranée. L’évolution historique montre qu’il a pu conquérir l’Atlantique et plus récemment, explorer les rives du Pacifique. Mais ce vin conquérant, n’est-il pas devenu un produit économique ordinaire ? Le vin matériel – la vigne qui doit être cultivée, le moût qui doit fermenter, qui doit être vinifié et élevé… – est-il encore porteur d’imaginaire ? N’y a t-il pas un vin abstrait, intemporel vecteur de civilisation à côté d’un vin quotidien qui ramène aux exigences biologiques, tout juste bon à enrichir le spéculateur, éreinter le besogneux et abreuver le gosier ? La progression des techniques et des moyens matériels dans les vignes et dans les chais n’a t-elle pas irrémédiablement isolé le vin de sa culture ou plus exactement imposé des vins parallèles, sans correspondance concrète, l’un purement imaginaire, et l’autre froidement marchand. On pourrait se montrer sceptique quand à la part d’imaginaire que recèle le travail des vignes ou la technique des œnologues, au XXe siècle, à l’heure du machinisme, de la biochimie ou même aujourd’hui de la standardisation. On pourrait s’interroger sur l’intérêt culturel de ce vin concret, celui qui est produit, pour être vendu, pour être consommé…pour n'être finalement que du vin dans l'absolu.


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