mercredi

L'art de la gueule !


Vingt-quatre ans avant J-C, Horace disait : Nil intentatum nostri liquere poetœ. Depuis Horace, que de poèmes ont été publiés. Cependant le sujet que je traite est vierge encore. Je sais que nombre de poètes pleins d'esprit et de gaîtés ont chanté les plaisirs de la table, et ont décrit dans des vers charmants tous les mets qui doivent composer un bon dîner. Je rends hommage à leur talent ; mais le poème ne peut être utile qu'aux riches, et ces gens-là ne dînent que trop bien. N'ont-ils pas d'ailleurs, je ne dis pas dans leurs bibliothèques, mais dans leurs salles à manger, le plat issus d’augustes cuisiniers et les orfèvreries issues des traités profonds du savant Grimod, maître en l'art de la gueule ?
J'ai consacré mes débuts professionnels à cette classe existentielle. Je me suis occupé du bonheur des gens de lettres et d’affaires, de ces hommes précieux qui embellissent et éclairent la société. Puisque ils ont plus de dîners que d'appétit, je voudrais un jour réussir à les rapprocher de ceux qui malheureusement ont plus d'appétit que de dîners, autour d’un même plat la culture alimentaire. Cette heureuse réunion servirait les hommes, les arts, les sciences, les lettres et l’histoire.
Rendre utile en pratique, une culture théorique. Donner de l’équilibre à l’assiette par le biais du terroir et de l’histoire. Rapprocher le quotidien de l’homme de sa culture alimentaire généalogique. Autant d’atouts oubliés !

Aucun commentaire: