samedi

Christian Millau est toujours à table







Question à … Christian MILLAU, fondateur des guides Gault-Millau, qui de part son experience , maitrise parfaitement la gastronomie culturelle, et a toujours bon pied-bon oeil et un bon coup de fourchette.
Qu’est-ce que la gastronomie Monsieur Millau ?
« On a coutume d’y associer, à tort, une image élitiste. Alors que le mot a le mérite de désigner à la fois la cuisine, les vins, l’art de recevoir. La gastronomie, c’est la recherche de l’excellence en matière alimentaire. Elle n’est ni de gauche ni de droite, ni d’en haut ni d’en bas. Il ne faut pas opposer une caste des cent meilleurs chefs de France et la cuisine de la ménagère. Les bonnes frites, c’est de la gastronomie, les mauvaises frites, ce n’en est pas !»

Quels sont les enjeux de cette candidature française ?
« Bien sûr, ce n’est pas une cause humanitaire, mais c’est une cause culturelle, donc noble. En outre, à chaque fois que l’Unesco accorde son patronage, ça se traduit par une augmentation du tourisme et de l’activité. L’Unesco, qui fait en quelque sorte office de tribunal, apporte un gage de sérieux. »


Justement, tout ceci ne risque-t-il pas de figer quelque chose qui, par essence, est périssable ?
« Il n’y a aucun risque de muséifier l’art français de vivre la table. Il s’agit au contraire d’en reconnaître la diversité et la portée universelle : les cuisiniers français voyagent et ils s’en inspirent pour mijoter leurs recettes. C’est la mondialisation, qui consiste non pas à faire la même chose que ce qui se fait à 15 000 km, comme le font les cuisiniers chinois, mais à faire des échanges. » La gourmandise de cette candidature n’est peut-être pas un péché, mais l’orgueil en est un… « Il ne s’agit pas de flatter notre amour-propre ni de proclamer que nous sommes les meilleurs mais d’affirmer la vocation de la France en matière de patrimoine alimentaire. Les noms des plus grands chefs français sont connus dans le monde entier et on vient en France du monde entier pour se former à l’art du bien manger. Ce serait d’ailleurs très bien si la France pouvait donner l’impulsion en donnant à d’autres pays l’envie d’inscrire son patrimoine culinaire. » • RECUEILLI PAR C. L.



Dans son ouvrage "le dictionnaire amoureux de la gastronomie", au chapitre « De Jésus à Sarkozy », Christian Millau décrit les habitudes alimentaires de ceux qui nous gouvernent : « François I er, plus bâfreur que gastronome », « Louis XIV, un ogre », etc. Les végétariens passent pour de braves gens, d'où la propagande nazie d'un supposé Hitler végétarien. « En France, il y a une tradition de la politique à table », précise l'auteur : « Jacques Chirac, bon mangeur sympathique. » Et Nicolas Sarkozy ? « On connaît son goût pour les macarons et le chocolat, mais c'est un vrai sensuel », écrit-il.

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