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LE PATRIMOINE ALIMENTAIRE : DEFINITION



"Nous avons la meilleure gastronomie du monde", avait déclaré le président de la République, le 23 février dernier, au Salon de l’agriculture. Alors, la demande d’inscription de la cuisine française au patrimoine de l’Unesco, une candidature "bling-bling" ?
L’Institut européen d’histoire et des cultures de l’alimentation (IEHCA), à l’origine du projet de candidature de la France pour l’inscription de sa cuisine au patrimoine de l’Unesco récuse toute forme d’élitisme dans cette initiative. Tandis que ses détracteurs lui reproche de n’être que l’expression d’une fierté exacerbée.
Ni élitiste ni prétentieux
"Ce n’est pas la candidature des grands chefs et des tables étoilées", explique pourtant Gérard Cagna, ancien deux étoiles au guide Michelin et membre de la Mission française du patrimoine et des cultures alimentaires, porteuse du projet. Pour Loïc Bienassis, chargé de mission scientifique à l’IEHCA, la notion de patrimoine alimentaire est bien plus large :
"Ne parler que de gastronomie représente un double écueil : le côté élitiste et l’image d’une France prétentieuse. Or, cela concerne chacun d’entre nous. Les Français considèrent la cuisine comme un élément important de leur identité. C’est ce qui fonde la légitimité de notre demande."
Au regard de la convention de l’Unesco pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, les maîtres mots sont : les savoir-faire, l’identité, la transmission du patrimoine de génération en génération et son évolution permanente. Notre art culinaire doit répondre à ces critères pour espérer faire partie du patrimoine de l’Humanité.
Un comité d’experts constitué d’universitaires s’attelle à cet exercice de définition du patrimoine alimentaire. Leurs travaux ont à peine commencé. Loïc Bienassis donne toutefois quelques pistes :
"Il ne s’agira pas d’une liste de chefs, de restaurants, d’aliments ni de savoir-faire."
La bouillabaisse appartient aussi au patrimoine des Strasbourgeois
Pas question non plus de fixer des normes de fabrication de produits, car "la cuisine est vivante, elle évolue". A exclure aussi, une énumération de régions :
"Un aspect régional serait l’antithèse du projet, puisqu’il s’agit du patrimoine français. Un Strasbourgeois doit reconnaître la bouillabaisse comme une composante de son patrimoine."
L’étendue de cette notion semble poser des difficultés. Les cuisines des D.O.M.-T.O.M., riches d’influences multiples, doivent-elles être prises en compte ? Loïc Bienassis opte pour une définition nationale :
"Tout ce qui est à l’intérieur de nos frontières relève de notre patrimoine alimentaire."
La candidature de la France sera accompagnée d’un plan de sauvegarde. Son objectif : mettre en valeur notre cuisine. Loïc Bienassis avance quelques idées :
"Une politique d’éducation au goût plus développée, des mesures pour préserver les savoir-faire pourraient être proposées."
Mais pourquoi ce besoin, aujourd’hui, d’agir pour protéger notre art culinaire ? Gérard Cagna estime que ces démarches permettraient une "prise de conscience" qu’il juge importante, vu "l’état de mal bouffe qui s’installe en France". Au-delà de ces aspects, hisser notre cuisine au rang du patrimoine de l’Unesco serait une consécration aux retombées économiques probables.
Mais dans ce cas le pan-bagnat devient breton , et le hamburger "spécial Franche Comté" entre dans le patrimoine de l'UNESCO ?

1 commentaire:

Alexandra a dit…

Bonjour,
Je pense effectivement que la gastronomie française mérite sa place au patrimoine immatériel mondial de l'UNESCO, je soutiens (dans mon cœur...) à 100% cette initiative culturelle.
Si une énumération des régions semble exclue, un inventaire, comme celui entrepris par la Région Centre me parait un préalable indispensable, non? C'est à mon goût, une aide précieuse, une marque de reconnaissance et une preuve de considération formidable!
Bien à vous,
Alexandra