samedi

Misère alimentaire d'hier et d'aujourd'hui

A l'heure où le souper des bourgeois étit un repas qui se déroulait à la même heure que notre dîner actuel (21h), plusieurs événements, sous la monarchie de Juillet, ont éveillé la réflexion de la bourgeoisie au sujet de la misère populaire : la révolution de 1830 à Paris, les insurrections des canuts de Lyon en 1831 et en 1834, la crise de subsistance de 1846. C’est donc entre 1830 et 1840 que l’opinion prend conscience de la misère urbaine et ouvrière. Diverses réalités sont alors décrites : la pauvreté, la misère (manque de biens extrême), le paupérisme (pauvreté comme phénomène économique en rapport avec l’industrialisation) . Cette révélation est l’œuvre d’opposants au régime comme le docteur Guépin. Mais la très officielle Académie des Sciences morales et politiques a également incité à l’étude du paupérisme. C’est elle qui a poussé Villermé à enquêter, dans les années 1830, sur les conditions de vie et de travail des ouvriers du textile à Lille et à Rouen. Son ouvrage, Tableau de l’état physique et moral des ouvriers, publié en 1840, n’a pas peu contribué à la prise de conscience.

Mais cet effroi en évoque un autre : la grande peur de la bourgeoisie après les journées de Juin, peur du peuple et de sa violence supposée, peur du sang qu’il pourrait verser. Menace des révolutions à venir, l’éclair pourrait bien finir par épouvanter aussi la bourgeoisie. Trois ou quatre décennies plus tard les pauvres de La Soupe du matin semblent bien paisibles : sous la IIIe République, la misère est un peu dédramatisée et atténuée. Cette misère alimentaire illumina d'autres défauts humains, telle que la compensation du liquide sur le solide.

Mais notre civilisation a-t-elle tellement évoluée pour parler de cela au passé?

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