mercredi

Corne d'abondance


Voici 400 ans cette année, le maréchal de Bassompierre (1579-1646), maréchal de France, s’enivra en vidant d’un trait une corne d’une contenance de cinq litres, afin d’être intronisé en Alsace dans la célèbre confrérie de la Corne qui tient siège à Marmoutier prés de Saverne et de Rangen, villages de mes racines généalogiques.
L’histoire des confréries est très ancienne, elle remonte aux fêtes bachiques sous l’occupation romaine. Les bacchanales étaient ces fêtes religieuses offertes dans l'Antiquité en l'honneur de Dionysos alias Bacchus, dieu du vin, profitant de l'ivresse et des débordements, notamment sexuels. En outre, au Moyen Age, la notion de confréries apparaît sous forme des groupements laïcs créés pour promouvoir une croyance, religieuses ou non, ou un métier appelé quelquefois Guilde ou Corporation. Les confréries sont souvent dirigées par un grand Maître, sorte de gourou.
C’est dans un contexte de transformation protestantisme de la ville de Strasbourg, où le magistrat de l’université protestante interdit l'ouverture des auberges et cabarets pendant le prêche, à Molsheim. Le verbe évangéliste s'échauffant au contact des grands crus, c'est alors que l’évêque Jean de Manderscheid (1580-1592) fonde sa confrérie de joyeux lurons qu’il nommera « un Capitole des francs-buveurs face aux Sorbonnes qui ont jeté le trouble dans les esprits et la désunion dans des cœurs ; je veux en créer une dont les dogmes ne susciteront ni schisme ni hérésie dans ce bon pays d'Alsace». Ainsi, sortie de terre «la confrérie de la corne» en 1586, où il fallait vider d'un seul trait une corne contenant 4 litres de meilleurs crus de la région pour être admis en cette dite académie bachique.

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