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LE CHAUVINISME GASTRONOMIQUE



Le chauvinisme alimentaire s’entend parfois dans des lieux conçus pour ces idées préconçues. Les auteurs de ce verbe haut se mire en reflet et s’entendent dire « miroir, oh ! Mon beau miroir… ». Le miroir déformant de notre hexagone, qui n’a jamais eu 6 côtés, nous montre aujourd’hui une gastronomie française dont les racines sont gallo-romaines, et l’avènement évolutif est multiculturel. Et bien heureusement d’ailleurs, car si nous étions restés gallo-français, nous serions toujours attablés devant un sanglier et une cervoise. En ce qui concerne notre chauvinisme naturel, qui vient à nous faire penser que notre alimentation et notre gastronomie sont parmi les plus émancipées de la planète, l’histoire peut éclairer le discours gastronomique qui seconde et légitime cette revendication culturelle. Soit ! ce regain de défaut coule certainement et malencontreusement dans nos veines, mais il est bon de rappeler qu’avant que Bruyerin Champier (1472-11539) et Pierre Belon (1517-1564), qui furent les premiers promoteurs de cette exaltation d’orgueil national, nous montrèrent la voie, notre technicité culinaire et notre attachement à l’hédonisme avait su traverser les frontières. Depuis des temps reculés, nombreux sont les pays voisins ou lointains qui approuvent et pratiquent au sein de leur communauté cette tradition épicurienne. D’ailleurs, Epicure était-il gaulois ou romain ? Tout cela pour vous dire que j’approuve et accompagne la demande de classification du patrimoine alimentaire et gastronomique français au label honorifique « Patrimoine immatériel de l’UNESCO », et que je souhaite que la gastronomie, à l’image de la musique ou de la peinture, entre dans le corps des arts au sein de ministère de la culture. Mais comment pourrais-je être entendu ?