vendredi

Conflit vineux et gouteux




Dans le monde du verre et de l'assiette, les méthodes traditionnelles et techniques modernes s'affrontent, comme un combat de vieux chapons contre jeunes coqs. Le conflit intergénérationnel a un lourd passif, que l'on parle des mots étatiques, sujets au fromage ou au vin, concernant le vieux continent face aux pays du nouveau monde, que l'on évoque les jeunes chefs de cuisine se frayant un passage, toqués d'une énième nouvelle cuisine moléculaire ou diététique, jusqu'à dépasser leur vieux briscard de maître, où que l'on se souvienne des traditionnelles conviviales confréries, image de la consommation quantitative, effacées par les clubs de dégustation prônant la qualité.
Toutes ces modifications culturelles, portées par le temps, cet assassin insatiable, bousculent sans complexes les hiérarchies et en imposent une révision peut être salutaire...qui vivra verra.

Les meilleurs nez du vin au service des amateurs


Où donc le fin connaisseur a-t-il acquis son incommensurable savoir? S'il ne le tient pas de famille, c'est donc qu'il a suivi des cours. Il existe dans l'hexagone plusieurs oenologues patentés, profs des écoles hôtelières, viticulteurs pédagogues, courtiers malins, ou autres experts auprès de quelconques instances officielles qui dispensent des enseignements du soir pour les amateurs, novices et amoureux du produit uval. Certains proposent des stages progressifs, des cours ponctuels ou des sorties pédagogiques sur le terrains. Mais le prix du vin dégusté fait il la qualité de la séance de dégustation ? Le nombre multiple de bouteilles ouvertes fait il le bonheur du dégustateur ? Les avis sont partagés. Sommes nous encore dans une époque où la quantité consommée et le prix avancé font la qualité du produit ? Personnellement, je pense que les animateurs de soirée dégustation qui laissent transparaître cette finalité, trahissent la locution qualitative du vin.

mardi

Vigne à feuilleter



Guides sur les vins, beaux livres à iconographies chics mais pas chocs, manuels pratiques sur les cépages, les crus ou la dégustation, magazines gourmands, quiz, site web, cd-rom : l'édition vinicole se porte bien. De plus en plus de livres consacrés au produit uval paraissent chaque année. Démocratisation des grands crus au détriment de la bouteille trois étoiles, intérêts portés à la dégustation avec un grand D. Aujourd'hui on boit plus un vin en se rapportant à la terre, au cep, à la grappe, pour les natures, mais aussi à la cuisse, à la robe, à la jambe pour les plus vicieux. Le vice étant dans le fruits, comme la nature est dans l'homme. L'homme ne peut s'empêcher de traduire son savoir dans les lignes d'écriture pour paraître savant ou pour compenser une image de marque inculte qu'il traîne depuis trop longtemps. Les oenologues, viticulteurs et sommeliers se mettent alors à "proser" comme des hommes de lettre, à analyser comme des scientifiques, à affirmer comme des politiciens. Mais qu'en est il vraiment du produit? Le vin mérite-t-il tant d'attention pour qu'on lui fasse une stèle d'un monticule d'ouvrages vineux. Ce vin qui donna le courage des poilus de la grande guerre, qui fut le médicament des hospices médiévaux, qui fut le fleuron économique des Bercy du XXeme siècle, ce vin qui ruina également l'image de marque de parents devant les yeux d'enfants, l'assommoir étant. Désole, le french paradox existe même dans ma tête.
Le vin a fait couler et fait toujours de l'encre et des larmes, d'ivresse ou de joie festive. Le sujet livresque se prête souvent aux clichés léchés de coteaux de vignes dans un coucher de soleil, ou de scintillantes carafes en cristal remplies du nectar prestigieux.
A quand l'étiquette livre? à quand le vendeur pédagogique du rayon vin? à quand le vin ludique?

à quand le livre qui m'expliquera pourquoi j'aime tant parler du vin?

dimanche

L'assiette


La dégustation de mets connaît actuellement un intérêt extraordinaire. Il est de bon goût d’apprécier et de savoir parler de ce que l’on déguste, et les sites Internet sur le sujet fleurissent en France comme à l’étranger.
Le vocabulaire et le discours gastronomique évolue en même temps que la langue et que les mentalités. A l’heure de la parité, au regret de ceux qui trouvaient que les connotations féminines embellissaient la langue, la terminologie du mets comme du vin a tendance à devenir asexué. Si la robe persiste, exit les jambes, les cuisses et les larmes.
Tandis que le vocabulaire des mets possède ses habitudes, certains termes sont plus employés que d’autres, les adjectifs sont toujours plus nombreux que les substantifs, mais mis à part la fréquence, le sens des mots n’est que très rarement sujet à controverse.
La gastronomie est avant tout une somme de belles perceptions. Déguster sera toujours voir, sentir, savourer et identifier ses impressions d'après les souvenirs accumulés. Sans les mots pour décrire les sensations, nos sens sont analphabètes. Tout gastronome sait que le plaisir croît avec la connaissance et qu'il n'y a de vraies satisfactions que sensorielles et intellectuelles. Le goût ne qualifie pas seulement l'un des cinq sens mais il désigne cette aptitude à discerner les belles choses et à savoir en jouir : le goût est une forme d'intelligence.

Kilien Stengel

Le verre




Comme le caractère des peuples, le caractère des vins obéit à des fatalités locales : sol, climat, exposition, et à des conjonctures historiques : vendanges, vinification, élevage, mise en bouteilles.
Mais si l’éducation humaine consiste à former des hommes vertueux et à leur apprendre à vieillir, l’élevage œnologique lui ressemble étrangement qui tend à donner aux vins les vertus de leurs terroirs et à leur préparer une parfaite vieillesse.
Il y a des vins qui ne se révèlent, qu’aux fins connaisseurs. Alors l’esprit, comme le vin, a besoin de mûrir.
Goûter le vin, comme goûter un mets, pour en déterminer le mérite ou les défauts, est un art plus difficile qu’on ne saurait penser, où tous les sens sont appeler à travailler.
L’homme qui arrive à la délicatesse et à la sûreté de sensation qui permettent d’apprécier avec certitude le liquide qui leur est soumis, aura su aller au plus profond de lui-même pour livrer ses sensations sans tabou.
Tout le monde peut donner son avis sur l’excellence d’un vin, qui correspond plutôt à la typicité de celui-ci, en se prononçant sur ses propriétés et son caractère réel. Il faut donc allier l’utilisation des sens à la mémoire exacte des sensations, et céder à l’argumentation issue des connaissances accumulées sur le sujet uval.
La vigne est une des richesse culturelle de la France, comme d’autres pays, et c’est peut être elle aussi qui est à l’origine de toutes les autres richesses, c'est-à-dire de sa verve artistique et du charme rude et traditionnel à la fois de son travail, des savoirs qui font de l’homme depuis de nombreuses générations un être riche.
Mais l’humble vigne qui court entre autre sur les coteaux d’Alsace, de Bourgogne, ou de Touraine, non loin des villages et lieux-dits de Rangen, Tannay, Vézelay, Cléry, Luynes et les autres, a droit aussi à notre reconnaissance car c’est elle qui a abreuvé longtemps le travailleur, réchauffé l’ouvrier et donné du courage aux braves. On pouvait dire en ces temps que « partout où la vigne croit, elle féconde le sol et enrichit le propriétaire et l’ouvrier ».
Les vins de nos jours voyagent beaucoup plus que leurs vinificateurs ou dégustateurs. Certes, ils plaident eux-mêmes victorieusement, et quelquefois difficilement, leur cause, mais ils ne racontent ni leur origine, ni leur histoire, ni leur berceau, ni ceux qui les ont élevés, commercialisés, où servis. Ce que le vin ne peut raconter, c’es à nous, curieux, amateur, avertis ou oenophile, de le raconter pour lui afin de perpétuer son hommage.


Que l’on soit amateur du vin ou averti, faites nous profiter de vos découvertes d'arômes, de votre vocabulaire et faites découvrir les astuces pour optimiser une cave ou comment choisir votre vin, comment lire les étiquettes afin qu’elles livrent leurs secrets, comment apprécier à leur juste valeur le savoir-faire des viticulteur et de leurs cépages, apportez nous quelques petits rappels d'histoire et toutes les différences entre les vins sec et demi-sec, entre les termes"Premier Cru", "Grand Cru, "Millésimé.
Au sortir de ce blog, j'espere vous aurez appris à apprécier le concentré de cultures et d’arômes qu’est un vin et aurez découvert les curiosités d’élaboration du vin


Kilien STENGEL