vendredi

Chaque grève ou révolution mérite son pain



Sur le pavé la grève, sous le pavé la grève, ce terrain plat couvert de sable et de graviers, au bord de la mer et des cours d'eau. C'est peut être au fond ce que recherche les acteurs de cette cessation volontaire et collective du travail.
Il est vrai que la sémantique parisienne admet qu'un journée de grève s'appelle une "journée d'action". Mais la place de Grève n'en est pas à sa première. Au
fil des pérégrinations des grévistes, dans les dédales des rues de la capitale, peut être ces derniers auront à l'esprit leurs prédécesseurs révolutionnaires pour lesquels la raison se justifiait : Vie chère, manque de pain, disette et restrictions jusque sous la Terreur et le Directoire, tel est le panorama alimentaire de Paris pendant les années qui le mènent de la Monarchie à l'Empire. Dans "la vie parisienne" du XVIIIe siècle, on découvre "la soupe à la parisienne" : "un morceau de pain et quelques verres de bière". Seul souper"bourgeois" de la journée, les moyens ne fournissant pas de déjeuner ou dîner . "Il faut donc rétrécir nos boyaux et accoutumer le gosier à l'eau de la Seine". Au printemps 1790, le ravitaillement avait été laborieux à Paris, on dut se contenter d'un horrible pain noir peu digeste. A partir de 1793 l'alimentation se révélera critique, le pain, le savon, le sucre, et la viande ont disparu et le marché noir apparaît.
Malgré tout cela, la gastronomie ne perd jamais ses droit, même en temps de restriction puisque nos tables doivent à la période révolutionnaire le "bifteck chateaubriand", la fourchette à quatre dents, les pâtés de ris de veau toulousains, et les boudins blancs aux truffes, pistaches ou crevettes, que nous retrouverons dans les assiettes de Noël 2010 de nos chères grévistes.
Mais quelle recette culinaire réformée tirera d'affaire cette nouvelle période révolutionnaire?

Pour ma part, je participe également à une petite révolution, je milite pour la reconnaissance des gastronomies au patrimoine de l'Unesco.
Ah ! La faim ! La faim ! Ce mot-là, ou plutôt cette chose-là, a fait des révolutions ; elle en fera bien d'autres !
[Gustave Flaubert].
Celle de la classification de la gastronomie à l'Unesco verra sa finalité mi-novembre.

4 commentaires:

Virginie a dit…

sandwichs mac'do pour les plus pauvres...
Brasserie pour les plus riches...

Kilien Stengel a dit…

Il est bon de souligner sous ta remarque que le french paradoxe est toujours présent pour inverser les choses. Car le sandwich fut au départ le repas d'un noble, Lord Sandwich, inventeur de ce mets pour finir dans les mains des démunis. Le Hamburger, un sandwich de Hambourg, fut commercialisé par Mac Donald’S pour les petites bourses et fini par être aujourd'hui cher aux vues des ingrédients utilisés. Quant à la brasserie, jadis lieu de repas des ouvriers, est aujourd'hui le lieu de représentation du soir des dernières élections présidentielles sur la plus belle avenue de Paris.

Virginie a dit…

J'ignorais! merci.
J'aime aussi à songer les traces que notre temps laissera sur cette terre, je ne suis pas toujours optimiste quant à ce sujet...
J'espère que mes enfants par exemple se souviendront des joyeux matins comme celui ci qui démarrent avec un bon crépiaux nappé de gelée de coing maison!

Kilien Stengel a dit…

Je te remercie de ramener à mon bon souvenir cette image d'enfance. Les crapiaux morvandiaux chauds brûlant que me préparait ma mère. Rien à voir avec ces pseudo Pancakes macdonaldisés, ou blinis industriels. Il s'agit bien d'une case de ma mémoire que j'aurai du mal à partager.