mardi

Vigne à feuilleter



Guides sur les vins, beaux livres à iconographies chics mais pas chocs, manuels pratiques sur les cépages, les crus ou la dégustation, magazines gourmands, quiz, site web, cd-rom : l'édition vinicole se porte bien. De plus en plus de livres consacrés au produit uval paraissent chaque année. Démocratisation des grands crus au détriment de la bouteille trois étoiles, intérêts portés à la dégustation avec un grand D. Aujourd'hui on boit plus un vin en se rapportant à la terre, au cep, à la grappe, pour les natures, mais aussi à la cuisse, à la robe, à la jambe pour les plus vicieux. Le vice étant dans le fruits, comme la nature est dans l'homme. L'homme ne peut s'empêcher de traduire son savoir dans les lignes d'écriture pour paraître savant ou pour compenser une image de marque inculte qu'il traîne depuis trop longtemps. Les oenologues, viticulteurs et sommeliers se mettent alors à "proser" comme des hommes de lettre, à analyser comme des scientifiques, à affirmer comme des politiciens. Mais qu'en est il vraiment du produit? Le vin mérite-t-il tant d'attention pour qu'on lui fasse une stèle d'un monticule d'ouvrages vineux. Ce vin qui donna le courage des poilus de la grande guerre, qui fut le médicament des hospices médiévaux, qui fut le fleuron économique des Bercy du XXeme siècle, ce vin qui ruina également l'image de marque de parents devant les yeux d'enfants, l'assommoir étant. Désole, le french paradox existe même dans ma tête.
Le vin a fait couler et fait toujours de l'encre et des larmes, d'ivresse ou de joie festive. Le sujet livresque se prête souvent aux clichés léchés de coteaux de vignes dans un coucher de soleil, ou de scintillantes carafes en cristal remplies du nectar prestigieux.
A quand l'étiquette livre? à quand le vendeur pédagogique du rayon vin? à quand le vin ludique?

à quand le livre qui m'expliquera pourquoi j'aime tant parler du vin?

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