mercredi

L'assiette


La dégustation de mets connaît actuellement un intérêt extraordinaire. Il est de bon goût d’apprécier et de savoir parler de ce que l’on déguste, et les sites Internet sur le sujet fleurissent en France comme à l’étranger.
Le vocabulaire et le discours gastronomique évolue en même temps que la langue et que les mentalités. A l’heure de la parité, au regret de ceux qui trouvaient que les connotations féminines embellissaient la langue, la terminologie du mets comme du vin a tendance à devenir asexué. Si la robe persiste, exit les jambes, les cuisses et les larmes.
Tandis que le vocabulaire des mets possède ses habitudes, certains termes sont plus employés que d’autres, les adjectifs sont toujours plus nombreux que les substantifs, mais mis à part la fréquence, le sens des mots n’est que très rarement sujet à controverse.
La gastronomie est avant tout une somme de belles perceptions. Déguster sera toujours voir, sentir, savourer et identifier ses impressions d'après les souvenirs accumulés. Sans les mots pour décrire les sensations, nos sens sont analphabètes. Tout gastronome sait que le plaisir croît avec la connaissance et qu'il n'y a de vraies satisfactions que sensorielles et intellectuelles. Le goût ne qualifie pas seulement l'un des cinq sens mais il désigne cette aptitude à discerner les belles choses et à savoir en jouir : le goût est une forme d'intelligence.

Kilien Stengel

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