Charles Monselet ou la preuve que la plus jolie fourchette et la plume la plus alerte ne sont rien à celui qui ne sait pas les manier.
Monselet !
Merveille de gastronome. Maestro de l’anecdote. Miracle d’homme. Monselet, dont l'aimable fantaisie est toute entière contenue dans sa Gastronomie. Récits de table qu’il fait paraître en 1874. On peut voir dans l’inventaire à la Prévert un hommage à la table des matières de ce livre, qui propose à titre d'exemple, une choucroute et une andouillette en poèmes, une mise au point historique sur le poulet partagé entre « Gargantua-Soleil » et Molière, le récit d’un duel au cochon de lait inventé par Cagliostro ; les chantages d’un garçon de café pervers qui cherche absolument à faire commander des huîtres à son client alors qu’il ne désire au monde qu’un potage; quelques pages sur Alexandre Dumas qui « quand il ne faisait pas sauter un roman, faisait sauter des petits oignons », une réflexion sur le statut du millier de cuisinières réunies pour écouter un sermon écrit à leur attention par le curé d’une église d’un des grands faubourgs parisiens sur lequel, par hasard l’auteur passait alors ; la recette de la Turlutine d’état-major concoctée par des gourmets du 1er régiment d’Afrique simplissime dans sa réalisation dès l’instant qu’on a réuni les grenouilles, tortues et champignons nécessaires ; des recettes «sérieuses, plaisantes, extraordinaires» et bien d'autres friandises littéraires.
Monselet ne prit pas non plus le dos de la cuillère pour rédiger dans ses Récits de table une sorte de « pièce montée » en quatre tableaux dont l’Estomac tenait le rôle-titre. On y lit ce genre d’hallucinant borborygme dialogué:
L’ESTOMAC. — Excellent café ! arôme pénétrant ! Ma foi, encore une tasse.
LE COGNAC. — A la bonne heure!
L’ESTOMAC. — Oh ! doucement, doucement ! Pas de bain de pied.
LE RHUM. — Tu as raison; le bain de pied est absurde et incommode.
L’ESTOMAC. — Mais qui t'appelle, toi ?
LE RHUM. — Je viens pousser le cognac.
LA CURAÇAO. — Je viens pousser le rhum.
L’ANISETTE. – Je viens pousser le curaçao.
L’ESTOMAC. – Grâce !
LE KIRSH. – Ranchez-Fus, Fus audres ; ne me regonnaisez-fus pas ?
L’ESTOMAC. – C’est le kirsch de la forêt Noire ! Je suis joli !
LE KIRSH. Ezze-gue che fus vais bir ?
L’ESTOMAC. – Qu’est-ce qu'il dit?
LE MARASQUIN. – Il demande s’il te fait peur.
L’ESTOMAC. – Je le crois bien, parbleu !
LE KIRSCH. - Tarteiffle!
L’ESTOMAC, au kirsch. - Allons, mon brave, ne vos fâchez point. On ne fait point d'esclandre ici. Pourquoi diable venez-vous si tard? On ne comptait plus sur vous.
LE KIRSCH. — Ch'aggzebde fos exguices.
L’ESTOMAC. — Qu'est-ce qu'il dit?
LA CRÈME DE MENTHE. — Il dit qu'il accepte vos excuses.
Mais aussi, il y a cette centaine de pages sur Grimod de la Reynière, un, avec Restif de la Bretonne, parmi les Oubliés et les dédaignés (Poulet-Malassis, 1857) que Charles Monselet tira d’un injuste oubli. Car, en vérité, le roi des gastronomes était avant tout le prince des aminches. Lié à Baudelaire, Nerval et Gautier, intime des Goncourt, il aimait son prochain simplement et épousa tardivement sa douce amie. Georges Bodereau, (1861-1897) journaliste littéraire, grand reporter et polémiste-duelliste fut témoin à son mariage: « Ah ! ce mariage ! C’est une des fleurs encore parfumées de l’herbier de ma prime jeunesse. [...] je ne sais rien de si touchant que le mot qu’eut, après les « oui » sacramentels, la vieille compagne, disant à son ami:
— Tu es bien gentil, mon Charles ! d’avoir pensé à ça ; mais, après si longtemps, était-ce bien la peine ? [... Puis] nous déjeunâmes aux Vendanges de Bourgogne. Charles Monselet mourut quelques mois après et Phémie ne lui survécut guère».
Aussi sûr que Molière apprécia de mourir sur scène, que Lassalle enragea de ne pas mourir au combat, Monselet voulait bien trépasser, mais en gastronome accompli. Et pas de feu Charles Monselet qui tienne ; à la rigueur un Monselet à feu doux à l’épitaphe gourmande auto-rédigée: « Versez sur ma mémoire chère / Quelques larmes de Chambertin / Et sur ma tombe solitaire / Plantez des soles... au gratin ».
Quant à son mot de la fin -« J'aurai un enterrement aux truffes ! »-, il prête à réflexion. Faisait-il allusion, à la recette de la poularde de demi-deuil, entre la chair et la peau de laquelle on glisse quelques lamelles de truffes ? (Entre nous soit dit, comme me l’a soufflé une bonne fée de la librairie, Monselet aurait certainement préféré une poularde de plein deuil constellée d’une myriade de truffes au lieu de quelques copeaux chiches.) L’énigme de ce dernier mot reste entière comme d’ailleurs, en 1848, le choix de ce jeune épicurien de 23 ans par le magnat de la presse qu’était Emile de Girardin. Il le choisit pour rédiger dans les colonnes de La Presse la préface des Mémoires d’Outre-tombe de Chateaubriand qui devaient y paraître en feuilleton. Le choix de Théophile Gautier attaché au même journal aurait paru plus évident, bien que le fait qu’un bifteck portât le nom du défunt écrivain ait pu décourager les réticences de Monselet. Il semble d’ailleurs avoir trouvé l’inspiration et les audaces nécessaires dans la dégustation de son Chateaubriand saignant, car on dit que sa carrière démarra véritablement à partir de la publication ce préambule. Ce qui prouve bien une fois encore que la plus jolie fourchette et la plume la plus alerte ne sont rien à celui qui ne sait pas les manier.
BIBLIO// Georges Bodereau, Sur Monselet in La Gerbe, n° 27, décembre 1920, pp. 72-74. André Monselet et Jules Clarétie, Charles Monselet: sa vie, son œuvre (Testard, 1892).
En rayon actuellement à la librairie //
Monselet, Charles. Gastronomie, récits de table.
Paris, Charpentier, 1874.
Faux-titre avec au verso la justification, titre, III, 396pp. In-12, demi-chagrin rouge, dos à nerfs, plats et gardes marbrés, tête dorée, couvertures conservées.
Edition originale, l'un des 50 exemplaires de tête numérotés sur papier de Hollande, seul grand papier. Passant du coq à l'âne, Monselet (1825 - 1888) célèbre la cuisine, les cuisiniers, les meilleures histoires de gourmands, Grimod de La Reynière, l’asperge, l'absinthe, le Médoc, le couscoussou, le marchand de vin héroïque. On sait le goût pour la gastronomie de cet écrivain et journaliste qui fonda en 1865, le Gourmet, feuille de chou hebdomadaire consacré à son dada. Vicaire 606, Bitting 329, Oberlé 220.
(villabrowna)
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jeudi
La France gastronomique au cinéma de genre

De La Grande Vadrouille à Bienvenue chez Les Ch’tis, la gastronomie est depuis fort longtemps un outil support de comédie. Les fims de genre se sont emparés de ce sujet pour exprimé l'art, la crise, la famille, la differences de cultures et l'évolution de l’homme dans sa généralité.


Cliquez sur l'image pour voir la scene : Les rites des repas gastronomiques allemands
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FESTIN D'AUTEURS et Prix Apicius
Festin d'Auteurs: pour les toqués du Miam
Après le succès fulgurant rencontré lors de sa première édition, le Salon du livre gastronomique, Festin d'Auteurs nous revient les 6 et 7 Avril prochains à Beynat pour une seconde édition pleine de surprises riches en arômes et qui fleurent bon les bonnes tables.
Un salon pour tous
Quelque soit votre inspiration, quelque soit votre motivation, Festin d'Auteurs est fait et pensé pour vous. Oui, pour vous qui êtes en train de lire ces lignes. On ne se prend pas la tête pour le quidam de passage, on s'adresse bien à vous...
Vous êtes curieux?
Les auteurs sont là, disponibles, pour échanger avec vous, écouter et répondre à vos questions, vous donner leurs petits secrets... La cuisine c'est aussi une histoire de partage et d'amitié (on cuisine pour les gens qu'on aime).
Chacun son tour, comme à la cantine, les auteurs passent derrière les fourneaux du salon en direct et sans filet, pour faire la démonstration de leurs talents. Et oui, comme quoi les recettes ne sont pas irréalisables... Là, c'est Chef en cuisine !
Les enfants
Parce que la cuisine, c'est du bonheur, c'est ludique et pour tous, les enfants ont eux aussi leur espace réservé...Et oui, là encore surprise ! Ils vont pouvoir se faire plaisir et découvrir des goûts nouveaux dans l'Espace Mini-Chefs.
Le bistrot
Alors, on récapitule: on a vu des bouquins à foison, discuté cuisine avec leurs auteurs, sentis les délicieux arômes qui s'échappent en permanence de Chef en cuisine... Bon alors maintenant, ça suffit, on va gentiement se poser au Bistrot du salon, grignoter des spécialités locales autour d'un verre et se remettre de nos émotions...
Edition 2011
Plus de 2 000 Visiteurs
60 auteurs
Plus de 1 000 ouvrages vendus
1 00 Bénévoles
Grands chefs étoilés, journalistes, chroniqueurs gastronomiques, stars du petit ou du grand écran, chacun y va de sa plume, de ses secrets de cuisine, mettant en avant sa région, son terroir et les femmes et hommes qui savent cultiver et perpétrer ses savoirs faire ancestraux et savoureux.
Mélange des genres, mélange des arts, il y en a pour tous les goûts et tous les niveaux de difficultés, depuis le très beau livre aux illustrations impossibles à réaliser derrière ses fourneaux aux guides pratiques reprenant et décortiquant les bases de la cuisine traditionnelle, l’édition gastronomique a fait un bon de prés de 10 % en 2010.
Un art délicieux
Patrimoine immatériel inestimable, d’une richesse exceptionnelle et unique au monde, la cuisine française est avant tout un savoir faire et une ressource infinie de créativité tant pour nos générations que pour celles à venir.
La France est Le Pays de l’art sous toutes ses formes, que ce soit gastronomique, architectural, culturel ou avec l’Art de Vivre à la française, tant convoité par les milliers de visiteurs que notre pays accueille tous les ans. Mais derrière tant de finesse et de délectation, se cachent des femmes et des hommes qui détiennent un savoir faire hors-pair. Ce sont des passionnés, des amoureux du bon, des êtres à la générosité et à la sensibilité inégalée dont une des vocations est la sauvegarde et la transmission de ces secrets de cuisine. Ces épicuriens dans l’âme nous mènent, au travers de leur travail, de leur passion, de leur cuisine d’hier à demain via aujourd’hui.
Des artisans au sens noble du terme
A l’heure où les connaissances théoriques sont accessibles à tous via notamment Internet, la culture du savoir est en train de se banaliser et il semblerait que nous entrions de plein pied dans l’ère du savoir faire. C’est ainsi que l’art culinaire, car il s’agit bien d’un art, a su trouver toute sa place dans une société en mouvement qui laisse peu de place à l’indulgence. Le repas gastronomique des Français, n’est il pas classé au patrimoine immatériel de l’UNESCO ?
Au menu
Vous avez découvert le salon dans les grandes lignes, regardons plus en détail, ce qui vous attend les 6 et 7 avril prochains, vous qui êtes aussi des toqués du Miam.
Tout d'abord, lorsque l'on vous dit que Festin d'Auteurs n'est pas un salon comme les autres, ce n'est pas pour vous le vendre à tout prix, mais parceque c'est vrai ! Il se démarque des autres manifestations du genre par deux aspects essentiels:
1.Il est porté quasi exclusivement par des bénévoles et des passionnés (près de 150 au total) réunis en association.
2. Les auteurs présents (plus de 50 auteurs dont uniquement 4 régionaux)sur le salon durant ces deux jours ne sont pas là que pour vendre leurs livres. Ils passent derrière les fourneaux, partagent, échangent et n'hésitent pas à dévoiler leurs "trucs et astuces".
Les nouveautés 2013
Les auteurs seront répartis en 7 grands pôles: Cuisines régionales, jeunesse, recettes et saveurs, cuisine et santé, voyages en cuisine, histoire et sociologie et cuisine et litterature.
Des expositions de photos et de peintures, un espace découvertes proposé par la BDP de la Corrèze...
Un café littéraire, des tables rondes...
Et surtout, la création d'un prix littéraire, le Prix Apicius qui viendra récompenser un ouvrage jeunesse et ouvrage adulte. La remise de ces deux prix Apicius se fera dimanche 7 Avril à 11h30.
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LES AUTEURS PRESENTS
Danièle Mazet-Delpeuch
La marraine de ce second Festin d'Auteurs n'est autre que Danièle Mazet-Delpeuch qui, de 1988 à 1990 servit François Mitterand aux fourneaux de l'Elysée.
C'est de son histoire dont est inspiré le film"Les Saveurs du Palais", avec Catherine Frot qui sera diffusé à Beynat vendredi 29 mars à 20h30 au Foyer Demarty, en la présence de cette marraine de choix.
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